Ingrid Bayot

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Ingrid Bayot est infirmière et Sage-femme de formation belge ; elle a travaillé dans les divers domaines de la périnatalité. elle a obtenu en 2003 un Diplôme Universitaire en Lactation Humaine et Allaitement (DULHAM) à la Faculté de médecine de Grenoble. Elle a suivi diverses formations en communication et en psychologie. Elle est formatrice en périnatalité pour Co-Naître® depuis 1992 (www.co-naitre.net ) et assure des formation en périnatalité et allaitement au Québec et en Europe. Elle est consultante pour le CIUSSS de l’Estrie, chargée de cours à l’UQTR dans le programme de Pratique Sage-femme au Québec. Elle est l’auteure de nombreux articles et du livre Parents futés, bébé ravi, Ed. Robert Jauze.


Conférence : De la polémique à la communication - la confrontation des valeurs en périnatalité.

Toute personne qui offre des services dans le domaine de la périnatalité se retrouve régulièrement confrontée à des tensions peu évidentes à gérer. La périnatalité concerne chacun d’entre nous ; que nous soyons déjà parents ou non, nous sommes tous des enfants d’une famille. Nous avons donc tous des représentations, des valeurs, des ressentis et des opinions personnelles en lien avec les différents domaines de la périnatalité : contraception, désir d’enfant, nombre d’enfant, lieu de naissance, manière d’accueillir, de nourrir et de prendre soin du bébé, etc. Ce bagage personnel peut être conforté par nos équipes de travail ou les personnes à qui nous offrons des services, ou au contraire, être remis en question, voire offensé, ce qui est très inconfortable. D’où les interminables polémiques : pour ou contre –au choix- le cododo, la promotion de l’allaitement, les couches lavable, l’accouchement à domicile, …

Dès lors comment, rester en paix avec soi et ses propres choix d’une part, et d’autre part, avec les nécessaires adaptations de la vie professionnelle ? Comment pratiquer cet exercice de funambulisme entre trois cohérences : avec soi, avec notre équipe, avec les familles rencontrées ?

 

Maternités et Communautés - alliances, dominations, détermination

Depuis toujours, plusieurs dynamiques se conjuguent pour tisser des co-dépendances fortes entre la mère et la société où elle vit, ainsi qu’avec ses différents groupes d’appartenance. Avoir un enfant, devenir mère, inscrire un nouvel être dans une double lignée familiale, un groupe, une société, une époque, réfère aux sentiments d’appartenance, renvoie aux besoins d’insertion et de continuité. D’autre part, tout groupe, toute société, doit se perpétuer : maintenir ou augmenter le nombre de ses ressortissants. Il exerce donc une pression sur les adultes en âge de procréer, surtout sur les femmes. Même si la maternité est une fonction intime et à fort ancrage biologique, peu d’activités humaines sont aussi « sociales », aussi socialisées que la maternité, et par conséquent aussi normées et encadrées. Les différents types de sociétés, de la plus tribale à la plus individualiste, de la plus guerrière à la plus pacifiste, va donc modeler puissamment les pratiques et les vécus maternels. Selon son degré d’individuation et de liberté intérieure, et selon les marges de manœuvre dont elle dispose, comment une femme qui devient mère va négocier et se situer entre conformisme et créativité ? Et quel prix quand elle s’éloigne des normes de sa culture ? Et avec quelles alliances ? Exploration du mouvant territoire des maternités possibles.